Ce soir Absinthe, parce que l'Est manque à mon sang. Parce que je t'y emmènerais cet hiver, par delà les frontières... Parce que la bohème nous submergera, parce que nous avons marcher sur des rails rouillés, parce que nous nous sommes perdus dans des romans, dans des fonds de verres, dans des fauteuils en cuirs et des bancs humide de la rosée du matin. Parce que nous nous retrouverons sur une banquette, à travers la fumée d'une cigarette, dans nos pensées utopiques, dans ton amour de l'humanité, Don Juan des temps modernes un peu comme notre compagnon au nez cassé. Un peu dans le mien aussi.
Je regarde tes photos.
J'ai rêvé. Je sait a présent. Un jour, je t'apprendrais a faire du tango, et j'irais dans ton appart pour que tu me fasse peindre tes murs. Je ne sais même plus comment on c'est connu... D'ailleurs, sa n'as pas d'importance. Je me rappelle de toi. Tu déambulais dans les rues comme une enfant ; comme une princesse Russe, Ukrainienne, ou même Tchèque avec des gardes du corps, avec un calepin et une robe rouge, avec des gants en tissus. Si belle, si douce. Tant amère, tant sinueuse.
J'aimerais me retrouver dans ce lit, dans lequel nous voulions nous glisser, fuyant le froid comme des fugitifs. Ce lit dont j'espére connaître la douceur étrange, la moiteur nuageuse insaisissable, ce lit où, dans longtemps nous créerons. Dans lequel nous fairons l'amour, a en perdre l'horizon, a nous plonger dans un état près de ce dont parle les religions, le mystique. Mais je ne perds pas la faim, parce que comme c'est une évidence, un jour nous gouterons a tout sa, dans une transe mystique, ses mêmes troubles de la chair. Attente de l'amante.
Il y aura le murmure enfantin qui planera enfin sur l'air du soir, les rayons lunaires feront échos aux veilleurs en c½urs annonçant l'ouverture du gouffre de la nuit. Tombée du jour qui déroule doucement son voile d'ombre puis dans les angoisses que cette encre noire libère au c½ur de la nuit. La page blanche du jour se remplit de signes de mélancolie et de souvenirs qu'un pinceau trace en sillons. Entre chienne et louve...que je me grise de l'attente de l'obscurité, de ma métamorphose.
Vous voyez, L, O et K... Je me noie dans mes propres sentiments. Dans mon coeur. Tout sa parce qu'il est le dernier refuge de mes sentiments précaires, de ma tendresse cachée, de mes désirs éphémères, de mes questions sans réponses. Le silence est accueillant à l'insaisissable, à l'invisible, à ces mouvements du c½ur qu'une phrase surprendrait car on y rencontre la discrète pudeur, la modestie sereine, l'austère dignité, et quelques très provisoires certitudes.
Il est le royaume des désarrois secrets, des désordres intimes et celui de la non compassion vraie, qui se passe de mots. Il offre un espace aux regards complices, aux larmes furtivement essuyées, et à la fragile prière.
Le silence est l'ultime citadelle avant la loi des mots, avant la violence nue de la parole, avant l'accès a ton coeur...
Pfff... ton regard m'envoute... Et à chaque fois, je le fuis; comme tu fuis le mien.
La terre ne tourne vraiment plus rond.